17 novembre 2008
Gustave Moreau (1826-1898)
« Je ne crois ni à ce que je touche ni à ce que je vois,
Je ne crois qu’à ce que je ne vois pas
Et uniquement à ce que je sens.
Mon cerveau, ma raison, me semblent éphémères
et d'une réalité douteuse ;
mon sentiment intérieur seul me parait éternel
et incontestablement certain. »
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03 septembre 2008
William Blake (1757-1827)
Comme un voilier
Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin,
et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
Quelqu'un à mon côté dit : « il est parti !»
Parti vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout !
Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter
sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.
Et juste au moment où quelqu'un prés de moi
dit : «il est parti !»
il en est d'autres qui le voyant poindre à l'horizon
et venir vers eux s'exclament avec joie :
«Le voilà !»
C'est ça la mort !
Il n'y a pas de morts.
Il y a des vivants sur les deux rives.
10 août 2008
Roger Somville (1923-)
"Au moment de peindre, toute théorie disparaît, je deviens un énergumène qui se débat dans un naufrage. Je suis dans la peinture. Et ce qui en reste de plus fantastique… C’est le bonheur ! ".
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22 juin 2008
Dante Gabriel Rossetti (1828-1882)
« La Damoiselle
Élue s’appuyait
Sur la barrière d’or du Ciel.
Ses yeux étaient plus profonds
que l’abîme
Des eaux calmes, au soir.
Elle avait trois lys à la main,
Et sept étoiles dans les cheveux. »
13 juin 2008
Marie Laurencin (1885-1956)
"Plus qu'ennuyée
Triste.
Plus que triste
Malheureuse.
Plus que malheureuse
Souffrante.
Plus que souffrante
Abandonnée.
Plus qu'abandonnée
Seule au monde.
Plus que seule au monde
Exilée.
Plus qu'exilée
Morte.
Plus que morte
Oubliée".
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01 juin 2008
Odilon Redon (1840-1916)
« Nous naissons tous avec un autre homme en nous, en puissance, que la volonté maintient, cultive et sauve – ou ne sauve pas. On ne sait pas, on ne saura jamais, ce qui fait que celui-ci devient un artiste, cet autre un financier, ou un fonctionnaire, bien que partis ensemble, auréolés des mêmes virtualités. C’est là un point insondable, irréductible. La fortune ou la pauvreté n’y sont point un obstacle : on a son âme partout ; on dispose d’une matière partout. C’est affaire de conduite intérieure, hors des faiblesses de la vanité ou des égarements de l’orgueil. Il y a des artistes de génie dans la misère, il y en a d’autres dans l’opulence. La fin d’une destinée est en soi-même ; elle suit des chemins cachés que le monde ne sait pas ; ils sont remplis de fleurs ou d’épines. »
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24 mai 2008
Marc Chagall (1930-1935)
Quand le Musée Chagall, situé à Nice, fut inauguré, le grand peintre prononça un court discourt, dont les paroles suivantes sont extraites :
"Peut-être dans cette Maison viendront les jeunes et les moins jeunes chercher un idéal de fraternité et d’amour tel que mes couleurs et mes lignes l’ont rêvé. Peut-être aussi y prononcera-t-on les paroles de cet amour que je ressens pour tous. Peut-être n’y aura-t-il plus d’ennemis et comme une mère avec amour et peine met au monde un enfant, ainsi les jeunes et les moins jeunes construiront-ils le monde de l’amour avec un nouveau coloris. Et tous, quelle que soit leur religion pourront y venir et parler de ce rêve, loin des méchancetés et de l’excitation. Je voudrais aussi qu’en ce lieu on expose des oeuvres d’art et des documents de haute spiritualité de tous les peuples, qu’on entende leur musique et leur poésie dictés par le coeur. Ce rêve est-il possible?
Mais dans l’Art comme dans la vie tout est possible si, à la base, il y a l’Amour. »





















