13 juillet 2008
Une journée au soleil
Je suis née en ce que vous nommez l’aube,
au moment où l’astre a posé son œil rouge sur votre horizon.
Je suis ce qui chez nous s’appelle une astrotite,
petite particule primitive en attente de grandir,
je gravite entre terre et soleil,
au milieu d’un océan de pareilles,
de poussières interstellaires
et de molécules sauvages..
Quand le soleil est monté dans votre ciel,
mon si vaste domaine,
un petit grain de conscience m’a demandé asile
et je l’ai incorporé, reconnaissante d’ainsi pouvoir rêver et m’exprimer...
Nous sommes des milliers ici,
une multitude d’astrotites se croisant, se saluant,
chacune d’elles émettant son infime sifflement,
sa vibration personnelle grave, légère, douce ou violente selon son tempérament.
A l’heure où, pour vous, le soleil bat son plein de chaleur,
j’ai vu venir à ma rencontre
deux particules d’ondes
qui m’ont fait des ailes blondes...
Je suis belle à présent et je guide librement mon vol parmi les myriades de mes sœurs,
et quand nos ailes se frôlent,
ce qui est notre façon à nous d’échanger,
je crains bien de finir ma ronde
seule et tristement isolée...
Ailes rêches, ailes sèches,
ailes dures, ailes sûres,
j’attends encore ces ailes douces
que j’étreindrai
et près desquelles je m’éteindrai,
en même temps que l’astre du jour...
15 juin 2008
Un grand vent
Un grand vent
Ce jour là le vent était si fort
Que le village tout entier s’envolait
Les paysans avec des grands efforts
Fermaient leurs portes et leurs volets.
Mais tout là haut dans le clocher,
Rien ne protège du vent méchant
Le carillon plein de faux chants.
Soudain clochette est arrachée,
Toutes ses sœurs crient détresse,
Mais elle s’en va en grande presse,
Elle se blesse aux gros nuages
Puis retourne à la danse sauvage
Que mènent tuiles, paille et chapeaux.
Perdue parmi tant d’oripeaux
Clochette ne sait où donner du battant
Au cœur de cette ruée elle pleure
D’avoir perdu toutes ses sœurs
Et son clocher qu’elle aimait tant.
Mais voilà qu’un inconnu la harponne
Entre ses bras la pelotonne
Quel est donc cet étranger
A l’abri duquel plus n’est danger ?
Le tumulte se poursuit dehors
Mais déjà clochette s’endort.
.
Et puis grand vent s’est arrêté
Et quand clochette s’éveille meurtrie
Après cette nuit si tourmentée
Pour la première fois elle sourit
D’être entourée d’aimables oiseaux
Qui lui font cent mille bécots,
Et de pouvoir danser librement
Sur son sapin, son fin sarment
Passants si un jour vous vous rendez
Au fond de cette obscure vallée
Peut-être entendrez-vous à la nouvelle aurore
Dans le sapin chanter chanter un bouton d’or
Moralité
Il faut avoir tout perdu
Pour-être à soi-même rendu
18 mai 2008
La chaise et l'autobus
Elle est dans l’autobus montée
Par une jeune femme portée
La chaise récemment achetée.
Elle est bien aise la chaise
Installée dans le bus seize
Sans que personne sur elle ne pèse.
Mais voilà bientôt le terminus
Tout le monde a quitté le bus
La jeune femme est descendue
Oubliant la chaise triste et perdue.
Alors le bus a pitié d’elle
Et pour consoler la belle
Il repart à tire d’aile
Il roule, tangue et s’élance
Et la chaise tout heureuse danse
Ses petites pattes frappent en cadence
Le sol du bus en vacances.
Depuis lors elle est toujours demeurée
En son ami qui l’a adoptée.
Peut-être les verrez-vous par un soir d’été
Danser, danser sur la route de l’infinité...
15 mai 2008
un voyage de rêve
Assis sous un pommier, Amandine et Thomas
Boudaient tous deux de devoir rester là
En punition de leur matinée d’éclats.
« Nous n’allons pas nous laisser faire »
Dit Amandine à son petit frère
« Viens sur mon dos, Thomas, nous partons ! »
Elle donne alors un grand coup de talon
Et ils s’envolent pour un merveilleux voyage
Bientôt ils atteignent un blanc nuage
Se posent sur son doux paysage
Y courent, s’y poursuivent, se roulent
Epuisent ses flancs à façonner des boules
Qu’ils se lancent en plein visage
Avec des grands cris de sauvages.
Quand ils l’ont évidé, ils volent vers le suivant
Tout noir et pour la terre si menaçant.
Amandine trempe le doigt dans sa chair d’encre
Et dessine sur le visage de son frère
Une barbe en collier dont il est tout fier.
A son tour Thomas s’approche de sa sœur
Et lui met de superbes accroche-cœurs.
Ils s’élancent alors sur le nuage absent
Pour se mirer en son teint transparent
Et rient, heureux de leurs mines cancres.
Comme ils sont fatigués par tant d’aventures
Les enfants avisent un nuage en bordure
A peine là, ils s’endorment paisiblement
Quand retentit la voix de leur maman
« Vous avez été si sages toute l’après-midi
Assis sous le pommier comme je vous l’avais dit
Que vous pouvez aller jouer et rentrer plus tard ! »





